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dimanche, 04 juin 2017

DOCUMENT / LES COUIZANAIS ET L'OCCITAN ... ( L'INDEPENDANT )

[L'Indépendant en campagne] Législatives: les Couizanais s'expriment sur les langues régionales

 

Ce vendredi matin, les Couizanais -ou plutôt les Couizanols !- se sont fait un plaisir d'aborder, avec nous, le thème des langues régionales, donnant même de leur personne, chantant, s'engueulant... en toute amitié.

Joëlle, 61 ans, aide à domicile: "Parler occitan, c'est un plaisir pour moi. C'est une chaleur, ça me rappelle l'enfance, il y a de la nostalgie. Je trouve que c'est un important de conserver ce particularisme. C'est un plaisir d'entendre mon petit-fils dire quelques mots d'occitan. Je trouve que la calandreta (*) est une bonne initiative."

 

Justine, 26 ans, coiffeuse: "Mes grands-parents parlent patois comme on dit. Mes parents, un peu moins. Le patois? Ça me rappelle l'enfance. Moi, je ne le parle pas. J'ai quelques expressions seulement. Par exemple, je ne le parlerai pas avec ma fille. Mais je suis quand même attachée à la culture d'ici, parce que, dans ce pays, il y a ma famille surtout."

Malcom, Anglais de 74 ans, chercheur à la retraite: "J'entends souvent discuter en occitan à Couiza. Dans les associations, les anciens l'utilisent. Au rugby aussi, on parle patois. C'est essentiel de garder cette langue, comme en Angleterre où il y a des accents, des expressions différentes selon les coins du pays."

Lilian, 40 ans, directeur de pompes funèbres: "Je parle l'occitan couramment. Mes grands-parents, mes parents, dans la famille, tout le monde parlait, parle occitan. Dans les familles, on parle aussi occitan quand on ne veut pas que les petits comprennent... Pour moi, c'est très important de perpétuer notre culture. Il faut que les générations suivantes défendent et promeuvent l'occitan. Les traditions d'ici sont essentielles à mon sens. Le principe des calandreta, c'est une excellente initiative!"

Manu, 80 ans, retraitée: "J'ai toujours parlé occitan. Il y a des choses qu'on ne peut pas traduire en français. L'occitan, c'est une langue expressive qui a du charme. Sa pratique avait été interdite par Jules Ferry dans les écoles. Aujourd'hui, les jeunes ne le parlent plus trop. C'est triste. Parce que l'occitan, c'est une langue joyeuse, poétique. Il y a des chants merveilleux en occitan. Il y a un ton!"

Alain, 68 ans, brasseur à la retraite: "Les vieux meurent et les jeunes s'en vont alors le patois disparaît peu à peu. C'est l'anglais qui se développe. Quand j'étais gosse, mes parents, mes grands-parents parlaient occitan, je l'ai appris normalement. Avant, il y a 40 ans, tout le monde, dans les cafés, à l'apéro parlait occitan. Les Catalans défendent mieux leur patrimoine linguistique que chez nous."

Geneviève, 61 ans, retraité du commerce: "Mes grands-parents parlaient patois entre eux mais en français avec nous. En les écoutant j'ai appris le patois, il m'en reste encore quelques expressions. Les jeunes ne le parlent plus, c'est dommage .C'est notre culture, c'est la langue de nos ancêtres. Il y a des histoires, des expressions aussi qui n'ont de saveur qu'en patois. En français, cela ne veut rien dire."

Henri, 82 ans, plombier à la retraite: "Ici, au café, on voit souvent les plus anciens parler en patois. Pas tout le temps, mais avec des mots mélangés au français, en général pour dire des bêtises. Les jeunes ne l'apprennent pas. Mon petit-fils apprend à l'école le français, l'anglais et l'italien. Alors, on ne va pas en plus leur rajouter le patois..."

André, 84 ans, viticulteur retraité: "Le patois, je le comprends. Je peux le parler. C'est la langue que j'ai entendue quand j'étais à la maison familiale. Même mon fils l'a appris naturellement, simplement en l'entendant. Il y a beaucoup d'Anglais dans le village. Pour eux, on donne des cours de français, à la médiathèque. On pourrait presque dire que l'anglais est une nouvelle langue régionale."

Claude, 78 ans, ancienne chef d'atelier chez Formica: "Le patois est de moins en moins parlé. Tous ceux de ma génération le pratiquait à la maison, c'est fini. Mon fils qui habite Toulouse le comprend, et le parle un peu. Quand il revient au village, l'occitan revient vite. Ici, le patois est peu différent de l'occitan, il se rapproche du catalan. Ce qui est dommage, c'est que notre langue disparaisse et que trop peu de gens s'en émeuvent."

( SITE DU JOURNAL L'INDEPENDANT )

 

 
 
 

 

 
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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